Il faut toujours avoir un chemin en poche.

C’est très pratique lorsqu’on s’égare.
Ils vont par dix. J’en ai toujours quelques-uns au fond de mes poches. Ainsi, j’ai le choix quand, par hasard, je me fourvoie.
J’en ai pour toutes les occasions, tous les temps… Ils n’ont pas tous la même longueur.
Celui que je préfère, c’est celui des fraises des bois, ces baisers de fées qui fondent dans la bouche.
Un autre a aussi ma préférence, c’est celui du ruisseau aux épinoches à la gorge rouge.
Celui des hannetons n’en parlons pas : il y a belle lurette qu’on n’en voit plus !
Le chemin dans le brouillard et celui enneigé, je ne les sors jamais.

Se perdre deux fois, que nenni !

Chacun a ses chemins secrets que personne, personne ne peut emprunter à sa place !
Faut pas croire que ces sentiers sont de tout repos, ils ont eux aussi leurs grimpettes, leurs zigzags, leurs ornières…
Bonnes jambes et pieds légers vous mènent à bon port.
C’est ce qu’on dit, mais on a parfois des surprises.
Vous n’arrivez pas toujours où vous vouliez vous rendre même si imagination rime avec destination.
Il faut toujours un chemin en poche…

Mars 2014 – Texte de Joseph Collignon, poète de la ruralité, qui a vu le jour le 23 juin 1946