Le dessin fait partie de moi
depuis que j’ai pu prendre
quelque chose en main.
La gauche a été plus rapide que la droite.
Déjà, me voilà différent.
Ma première trace a sans doute eu lieu
avec un bout de bois
ou le bout de mon doigt
sur de la terre ou dans du sable.
Je n’ai malheureusement pas gardé
copie de cette première œuvre.

A 45 ans, lorsque j’ai repris mes pinceaux, j’ai vite opté pour la peinture acrylique sans odeur et plus rapidement sèche que la peinture à l’huile.
La toile blanche, je ne connais pas. Lorsque je peins, j’utilise une toile qui m’a servi de palette. Cette toile est donc recouverte d’une première couche de couleurs différentes, disposées de manière aléatoire : le tissu de coton n’est plus visible. J’utilise des toiles carrées parce que je ne sais pas encore dans quel sens je les présenterai.
Il est possible que certaines traces ou taches m’inspirent et orientent sa finalité. Ensuite, j’applique des superpositions de couches de couleurs qui façonnent le fond de ma peinture.
Ma gamme de couleurs est volontairement réduite. Cette condition m’oblige aux mélanges. J’aime que l’on puisse sentir une épaisseur dans mes toiles.
Je peux également gratter la toile avec fourchette, couteau ou autre objet pour retrouver des sous-couches. Les figurations s’invitent ensuite en fonction d’équilibre de couleurs et d’espaces. J’applique aussi du pastel pour son grain et la mise en place de mes acteurs. J’utilise d’ailleurs ma «mauvaise» main (la droite puisque je suis gaucher) pour introduire les personnages de ma création. Cela permet d’évoquer l’hésitation des premiers traits de l’enfant.
Dans l’évolution d’une toile, je peux recouvrir à plusieurs reprises certains endroits et y replacer d’autres éléments : c’est un travail qui « bouge » perpétuellement jusqu’au moment où il me semble que ma peinture me parle.

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